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NERUDA, Pablo (1904 - 1973)

   "Avant la perruque et le justaucorps
il y eut l'eau, les fleuves artériels
et il y eut l'onde lustrée des cordillères:
le condor ou la neige y semblaient immobiles,
il y eut l'épaisseur, l'humidité et le tonnerre
alors sans nom, les pampas planétaires."
   Pablo Neruda, Canto general (Chant général) (1950), I, La Lampe sur la Terre, "Amor America (1400)", p. 15 éd. Gallimard.

   "Je ne suis pas seul dans la nuit,
dans l'obscurité de la terre.
Je suis peuple, peuple innombrable.
J'ai dans ma voix la force pure
qu'il faut pour franchir le silence
et germer parmi les ténèbres."
   Pablo Neruda, Canto general (Chant général) (1950), X, "Le Fugitif (1948)", XIII, p. 368 éd. Gallimard.

   "Tout est dans le mot... Une idée entière se modifie parce qu'un mot a changé de place ou parce qu'un autre mot s'est assis comme un petit roi dans une phrase qui ne l'attendait pas et lui a obéi..."
   Pablo Neruda, J'avoue que j'ai vécu (1974), p. 71, Gallimard

   "La poésie est toujours un acte de paix."
   Pablo Neruda, J'avoue que j'ai vécu (1974), p. 181, NRF

   "Nous sommes maintenant debout sur la terre. Nous voulons prendre complètement possession de tout ce qui existe."
   Pablo Neruda, J'avoue que j'ai vécu (1974), p. 197, NRF

   "Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette. Je veux qu'on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries. Je veux qu'on n'attende plus jamais personne à la porte d'un hôtel de ville pour l'arrêter, pour l'expulser. Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la Mairie. Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos. Je veux que l'immense majorité, la seule majorité: tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s'épanouir. Je n'ai jamais compris la lutte autrement que comme un moyen d'en finir avec la rigueur. J'ai pris un chemin car je crois que ce chemin nous conduit tous à cette aménité permanente. Je combats pour cette bonté générale, multipliée, inépuisable."
   Pablo Neruda, J'avoue que j'ai vécu (1974), p. 298, éd. NRF.

   "Yo quiero vivir en un mundo sin excomulgados. No excomulgaré a nadie. No le diría mañana a ese sacerdote: "No puede bautizar a nadie porque es anticomunista". No le diría al otro: "No publicaré su poema, su creación, porque es usted anticomunista". Quiero vivir en un mundo en que los seres sean solamente humanos, sin más títulos que ése, sin darse en la cabeza con una regla, con una palabra, con una etiqueta. Quiero que se pueda entrar en todas las iglesias, a todas las imprentas. Quiero que no esperen a nadie nunca más a la puerta de la alcadía para deternerlo y expulsarlo. Quiero que todos entren y salgan del Palacio Municipal, sonrientes. No quiero que nadie escape en góndola, que nadie sea perseguido en motocicleta. Quiero que la gran mayoría, la única mayoría, todos, puedan hablar, leer, escuchar, florecer. No entendí nunca la lucha sino para que ésta termine. No entendí nunca el rigor, sino para que el rigor no exista. He tomado un camino porque creo que ese camino nos lleva a todos a esa amabilidad duradera. Lucho por esa bondad ubicua, extensa, inexhaustible. De tantos encuentros entre mi poesía y la policía, de todos estos episodios y de otros que a mí no me pasaron, sino a muchos que ya no podrán contarlo, me queda sin embargo una fe absoluta en el destino humano, una convicción cada vez más consciente de que nos acercamos a una gran ternura. Escribo conociendo que sobre nuestras cabezas, sobre todas las cabezas, existe el peligro de la bomba, de la catástrofe nuclear que no dejaría nadie ni nada sobre la tierra. Pues bien, esto no altera mi esperanza. En este minuto crítico, en ese parpadeo de agonía, sabemos que entrará la luz definitiva por los ojos entreabiertos. Nos entenderemos todos. Progresaremos juntos. Y esta esperanza es irrevocable." [...]
   Pablo Neruda, Confieso que he vivido

   "La poésie est une insurrection."
   Pablo Neruda, J'avoue que j'ai vécu (1974), p. 380, NRF