Athena s'apprêtant à écrire
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NIETZSCHE, Friedrich (1844 - 1900)

   "Guerriers, mes frères, je vous aime du fond du coeur. Je suis pareil à vous, je l'ai toujours été. Et je suis aussi votre meilleur ennemi. Laissez-moi donc vous dire la vérité.
Je connais la haine et l'envie qui vivent dans vos coeurs. Vous n'avez pas assez de grandeur d'âme pour ignorer la haine et l'envie. Ayez donc la grandeur de n'en avoir point honte.
   Et si vous ne pouvez être les saints de la Connaissance, soyez-en du moins les guerriers. Les guerriers de la Connaissance, ce sont les compagnons et les précurseurs de cette sainteté.
   Je vois beaucoup de soldats: je voudrais voir beaucoup de guerriers. ce qu'ils portent s'appelle un " uniforme ". Que du moins ne soit pas " uni-forme " ce qu'ils cachent là-dessous.
   Je veux que vous soyez de ceux dont le regard est toujours en quête d'un adversaire - de votre adversaire. Et chez quelques-uns d'entre vous existe la haine au premier regard.
   Cherchez-vous un ennemi, faites votre guerre, battez-vous pour vos pensées. Et si votre pensée succombe, que votre probité chante victoire néanmoins."
   Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, I, De la Guerre et des Guerriers, t.1, p. 123, éd. Aubier-Flammarion.

   "C'est mal récompenser un maître que de rester toujours son disciple."
   Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, I, De la Vertu qui donne, t.1, p. 181, éd. Aubier-Flammarion.

   "Que nous resterait-il a créer, s'il existait des dieux?"
   Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, II, Aux Iles Fortunées, t.1, p. 197, éd. Aubier-Flammarion.

   "Parlons de ces choses, sages insignes, quelque peine que cela vous fasse. Le silence est pire. Les vérités que l'on tait s'enveniment."
   Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, II, De la maîtrise de soi, éd. Aubier Flammarion, t. 1, p. 253
   "Reden wir nur davon, ihr Weisesten, ob es gleich schlimm ist. Schweigen ist schlimmer; alle verschwiegenen Wahrheiten werden giftig."
   Nietzsche, Also sprach Zarathustra, Von der Selbstüberwindung

   "Vouloir délivre, car vouloir, c'est créer; telle est ma doctrine. Et c'est pour apprendre à créer qu'il faut vous instruire."
   ("Wollen befreit: denn Wollen ist Schaffen: so lehre ich. Und nur zum Schaffen sollt ihr lernen!")
   Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, III, De l'Esprit de Pesanteur, 16, t.2, p. 125, éd. Aubier-Flammarion.

   Voilà la table nouvelle que je dresse à présent au-dessus de vos têtes, ô mes frères: devenez durs.
   Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, III, Des Tables anciennes et nouvelles, 29, t.2, p. 143, éd. Aubier-Flammarion.

   "Cette couronne du rieur, cette guirlande de roses, c'est à vous que je la lance, frères! J'ai proclamé que le rire est sacré: Hommes supérieurs, apprenez donc à rire!"
   F.W. Nietzsche (1844-1900), Ainsi parlait Zarathoustra, IV, De l'Homme supérieur, 20; p. 307, t. II, éd. Aubier Flammarion.

   "Le Désert gagne: malheur à qui porte en soi des déserts!"
   ("Die Wüste wächst: weh dem, der Wüsten birgt!")
   Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, IV, Chez les filles du désert, t.2, p. 333, éd. Aubier-Flammarion.

   "Humain, écoute!"
   ("O Mensch, gib acht!")
   Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, IV, La Chanson ivre, 3, t.2, p. 353, éd. Aubier-Flammarion.

   "Car, croyez-m'en, le grand secret pour moissonner l'existence la plus féconde et la plus haute jouissance, c'est de vivre dangereusement. Bâtissez vos villes sur le Vésuve. Envoyez vos vaisseaux dans des mers inexplorées. Vivez en guerre avec vos pareils et avec vous-mêmes. Pillez et conquérez, chercheurs de connaissance, aussi longtemps que vous ne pourrez pas être rois ou propriétaires! Le temps sera bientôt passé où vous pouviez vous satisfaire de vivre cachés dans les bois comme des cerfs effarouchés! La connaissance pourra enfin porter la main sur ce qui lui appartient de droit: elle voudra régner et posséder et vous le voudrez avec elle!"
   Nietzsche, Le Gai Savoir, 283, Préparateurs, p. 228, éd. Gallimard.

   "Le poids le plus lourd. - Et si un jour ou une nuit, un démon venait se glisser dans ta suprême solitude et te disait: "Cette existence, telle que tu la mènes, et l'as menée jusqu'ici, il te faudra la recommencer et la recommencer sans cesse; sans rien de nouveau; tout au contraire! La moindre douleur, le moindre plaisir, la moindre pensée, le moindre soupir, tout de ta vie reviendra encore, tout ce qu'il y a en elle d'indiciblement grand et d'indiciblement petit, tout reviendra, et reviendra dans le même ordre, suivant la même impitoyable succession,... cette araignée reviendra aussi, ce clair de lune entre les arbres, et cet instant, et moi aussi! L'éternel sablier de la vie sera retourné sans répit, et toi avec, poussière infime des poussières!"... Ne te jetterais-tu pas à terre, grinçant des dents et maudissant ce démon? A moins que tu n'aies déjà vécu un instant prodigieux où tu lui répondrais: "Tu es un dieu; je n'ai jamais ouï nulle parole aussi divine!"
   Si cette pensée prenait barre sur toi, elle te transformerait peut-être, et peut-être t'anéantirait; tu te demanderais à propos de tout: "Veux-tu cela? le reveux-tu? une fois? toujours? à l'infini?" Et cette question pèserait sur toi d'un poids décisif et terrible! Ou alors, ah! comme il faudrait que tu t'aimes toi-même et que tu aimes la vie pour ne plus désirer autre chose que cette suprême et éternelle confirmation!"
   Nietzsche, Le Gai Savoir, 341, éd. Gallimard, pp. 281-282

   "Der Glaube an die Wahrheit beginnt mit dem Zweifel an allen bis dahin geglaubten Wahrheiten."
   Nietzsche, Menschliches Allzumenschliches Ein Buch für freie Geister, Zweiter Band, Erste Abteilung: Vermischte Meinungen und Sprüche, 20