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PROUST, Marcel (1871 - 1922)

   "Les jours sont peut-être égaux pour une horloge, mais pas pour un homme."
   Proust, Chroniques, Vacances de Pâques, Le Figaro du 25 mars 1913.

   "La véritable réalité n'étant dégagée que par l'esprit, étant l'objet d'une opération spirituelle, nous ne connaissons vraiment que ce que nous sommes obligés de recréer par la pensée."
   Proust, Sodome et Gomorrhe (1921 - 1922), p. 770 éd. Pléiade

   "Le seul vétable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas daller vers de nouveaux paysages, mais davoir dautres yeux, de voir lunivers avec les yeux d'un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun deux voit, que chacun deux est (...)"
   Marcel Proust, La Prisonnière, p. 258, éd Pléïade.

   "Car, si nos souvenirs sont bien à nous, c'est à la façon de ces propriétés qui ont de petites portes cachées que nous-même ne connaissons pas et que quelqu'un du voisinage nous ouvre, si bien que par un côté du moins où cela ne nous était pas encore arrivé, nous nous trouvons rentré chez nous."
   Proust, La Fugitive / Albertine disparue (1925), p. 494, éd. Pléiade

   "... car mon plaisir ne serait plus dans le monde mais dans la littérature."
   Proust, La Fugitive / Albertine disparue (1925), p. 572, éd. Pléiade

   "... si (...) il reste que c'est le temps qui amène progressivement l'oubli, l'oubli n'est pas sans altérer profondément la notion du temps. Il y a des erreurs optiques dans le temps comme il y en a dans l'espace."
   Proust, La Fugitive / Albertine disparue (1925), p. 593, éd. Pléiade

   "la mort de millions d'inconnus nous chatouille à peine et presque moins désagréablement qu'un courant d'air."
   Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 772, éd. Pléiade

   "à tout moment l'artiste doit écouter son instinct, ce qui fait que l'art est ce qu'il y a de plus réel, la plus austère école de la vie, et le vrai Jugement dernier."
   Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 880 éd. Pléiade.

   "Ainsi j'étais déjà arrivé à cette conclusion que nous ne sommes nullement libres devant l'oeuvre d'art, que nous ne la faisons pas à notre gré, mais, que, préexistant à nous, nous devons, à la fois parce qu'elle est nécessaire et cachée, et comme nous ferions pour une loi de la nature, la découvrir. Mais cette découverte que l'art pouvait nous faire faire n'était-elle pas au fond celle de ce qui devrait nous être le plus précieux, et de ce qui nous reste d'habitude à jamais inconnu, notre vraie vie, la réalité telle que nous l'avons sentie et qui diffère tellement de ce que nous croyons, que nous sommes emplis d'un tel bonheur, quand un hasard nous en apporte le souvenir véritable."
   Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 881, éd. Pléiade.

   "Car tous ceux qui n'ont pas le sens artistique, c'est-à-dire la soumission à la réalité intérieure, peuvent être pourvus de la faculté de raisonner à perte de vue sur l'art."
   Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 882, éd. Pléiade.

   "... je m'apercevais que ce livre essentiel, le seul livre vrai, un grand écrivain n'a pas, dans le sens courant, à l'inventer, puisqu'il existe déjà en chacun de nous, mais à le traduire. Le devoir et la tâche d'un écrivain sont ceux d'un traducteur."
   Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 890, éd. Pléiade.

   "La grandeur de l'art véritable, au contraire de celui que M. de Norpois* eût appelé un jeu de dilettante, c'était de retrouver, de ressaisir, de nous faire connaître cette réalité loin de laquelle nous vivons, de laquelle nous nous écartons de plus en plus au fur et à mesure que prend plus d'épaisseur et d'imperméabilité la connaissance conventionnelle que nous lui substituons, cette réalité que nous risquerions fort de mourir sans avoir connue, et qui est simplement notre vie. La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature;"
   Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 895 éd. Pléiade

   "... car le style pour l'écrivain, aussi bien que la couleur pour le peintre, est une question non de technique mais de vision. Il est la révélation, qui serait impossible par des moyens directs conscients, de la différence qualitative qu'il y a dans la façon dont nous apparaît le monde, différence qui, s'il n'y avait pas l'art, resterait le secret éternel de chacun."
   Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 895, éd. Pléiade.

   "... rien ne peut durer qu'en devenant général ..."
   Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 905, t. III, éd. Pléiade.

   "L'écrivain ne dit que par une habitude prise dans le langage insincère des préfaces et des dédicaces: mon lecteur. En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L'ouvrage de l'écrivain n'est qu'une espèce d'instrument optique qu'il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que, sans ce livre, il n'eût peut-être pas vu en soi-même. La reconnaissance en soi-même, par le lecteur, de ce que dit le livre, est la preuve de la vérité de celui-ci, et vice versa, au moins dans une certaine mesure, la différence entre les deux textes pouvant être souvent imputée non à l'auteur mais au lecteur. De plus, le livre peut être trop savant, trop obscur pour le lecteur naïf, et ne lui présenter ainsi qu'un verre trouble avec lequel il ne pourra pas lire. Mais d'autres particularités (comme l'inversion) peuvent faire que le lecteur a besoin de lire d'une certaine façon pour bien lire; l'auteur n'a pas à s'en offenser, mais au contraire à laisser la plus grande liberté au lecteur en lui disant: Regardez vous-même si vous voyez mieux avec ce verre-ci, avec celui-là, avec cet autre."
   Proust, Le Temps retrouvé, p. 911, éd. Pléiade

   "Mais une raison plus grave expliquait mon angoisse; je découvrais cette action destructrice du Temps au moment même où je voulais entreprendre de rendre claires, d'intellectualiser dans une oeuvre d'art, des réalités extra-temporelles."
   Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 930, éd. Pléiade.

   "Un nom, c'est tout ce qui reste bien souvent pour nous d'un être, non pas même quand il est mort, mais de son vivant."
   Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 966, éd. Pléiade.

   "Mais on arrange aisément les récits du passé que personne ne connaît plus, comme ceux des voyages dans les pays où personne n'est jamais allé."
   Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 985, éd. Pléiade.

   "... car le temps qui change les êtres ne modifie pas l'image que nous avons gardée d'eux."
   Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 987, éd. Pléiade.

   "Ainsi change la figure des choses de ce monde; ainsi le centre des empires, et le cadastre des fortunes, et la charte des situations, tout ce qui semblait définitif est-il perpétuellement remanié, et les yeux d'un homme qui a vécu peuvent-ils contempler le changement le plus complet là où justement il lui paraissait le plus impossible."
   Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 1019, éd. Pléiade.

   "Et avoir un corps, c'est la grande menace pour l'esprit,"
   Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 1035, éd. Pléiade.

   "Or la recréation par la mémoire d'impressions qu'il fallait ensuite approfondir, éclairer, transformer en équivalents d'intelligence, n'était-elle pas une des conditions, presque l'essence même de l'oeuvre d'art telle que je l'avais conçue tout à l'heure dans la bibliothèque?"
   Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927), p. 1044, éd. Pléiade.

   "Ce n'est qu'à la fin du livre, et une fois les leçons de la vie comprises que ma pensée se dévoilera."
   Marcel Proust, Lettre à Jacques Rivière du 7 février 1914, Correspondance, t. XIII, p. 99

   "Si je n'avais pas de croyances intellectuelles, si je cherchais simplement à me souvenir et à faire double emploi par mes souvenirs avec les jours vécus, je ne prendrais pas, malade comme je suis, la peine d'écrire."
   Marcel Proust, Lettre à Jacques Rivière du 7 février 1914, Correspondance